La journée qui ne voulait pas me voir partir…


Après 10 jours en France, il était temps de rentrer chez soi et de retrouver son quotidien (et surtout son chum adoré!).

Nous sommes donc le mardi 22 mai 2012. Il est 5 h et St Christol Lez Alès s’éveille…
La valise est bouclée et le train est dans 2 heures à Nimes.

1. Prendre une douche
=> Ah bah non, un fusible a sauté hier soir et l’eau n’a pas eu le temps de chauffer… Allez un passage sous l’eau froide et c’est parti!

2. Prendre la voiture
=> Ah bah non, le petit clic clic clic clic clic clic que j’entendais hier soir sur le pneu arrière, s’est transformé en pneu crevé (à l’avant… mon ouïe m’a fait défaut sur ce coup-là). La voiture descendant du trottoir… et hop le pneu se déjante…

3. Changer de voiture
=> Ah bah oui, mais papa ne conduit pas les manuelles… Maman* prend le volant et papa fait office de GPS mais pas de ralentisseur (bien au contraire)!

4. Prendre l’autoroute et rouler tout seul sur la route
=> Ah bah non, il y a 2 rapaces suicidaires qui ont décidé de petit-déjeuner ce matin précisément. En plein milieu de la voie de gauche, précisément. Le premier tient à sa vie et finalement s’envole. Ouf. Le second est pas certain de tenir à sa vie… il s’envole à la toute dernière minute et perdra certainement quelques plumes.

5. Se stationner dans le parking de la gare
=> Ah bah non, il est complet…

6. Essayer quand même de se  stationner dans le parking de la gare
=> Ah bah non, la barrière ne veut pas s’ouvrir…

7. Essayer de se stationner dans le parking de la gare par la 2e entrée (héhé malin hein!)
=> Ah bah non, ça marche pas non plus…

8. Se rendre à la dépose rapide et chercher un stationnement
=> Ah bah non, c’est vrai que si ça s’apelle dépose rapide, c’est qu’on ne peut pas se stationner, ce serait pas assez rapide comme dépose!

9. Se stationner quand même à la dépose rapide
=> Ben oui! On est comme ça nous! Maman fait un créneau impressionnant et malgré tous ses efforts pour crever un autre pneu, elle n’y arrivera pas! **

10. Aller prendre son train
=> Ah bah non, il est 6 h 55 et le train de 7 h 10 a 40 minutes de retard…. puis 30 … Calcul rapide pour savoir si je vais ou non avoir mon avion qui est à 11 h 45… Ça devrait passer! On relaxe et j’attends. Bisous à papa et à maman qui travaille dans une heure sur les colliers (pas en nouilles) de la fête des mères!

11. À la gare de Vitrolles Aéroport, courir pour choper la navette qui part toutes les 5 minutes après l’arrivée du train
=> Ah bah non, ou plutôt oui… mais pas facile!
Imaginez une navette pour 15 personnes assises sans valise. Ça y est ?
Maintenant ajoutez à chaque personne un sac ou une valise (soyez imaginatifs). Ça y est ? Maintenant ajoutez à chaque personne, un compagnon ou une compagne de voyage (moi je prends la vieille dame qui vient d’entrer).
Et voilà le doute qui s’installe! Vais-je entrer dans cette navette? Si oui, comment en ressortirais-je ?

12. Rester en vie dans la navette
=> Ah bah non, le jeune chauffeur, qui vient d’avoir son permis, décide de montrer à toutes les jolies filles (dont je ne fais pas partie car je suis dans un état lamentable après les 11 premières péripéties!)  qu’il est LE MAITRE DE LA ROUTE! Oui, mais non…. pas quand tu as 15 personnes qui ne sont pas assises et des valises dans les jambes… et qu’il faut que tu fasses TOUT le tour du rond-point pour te rendre à l’aérogare.

13. Descendre au bon terminal
=> Ah bah non, ce serait trop simple! J’aurai pu lire mon billet électronique et voir écrit T1… Mais non, je choisis de sortir au premier arrêt : Hall 2. Je suis bonne pour marcher 600(0) mètres de plus avec les deux valises, le sac à dos et mes 12 précédentes péripéties sur l’estomac.

14. Enregistrer, passer la sécurité et embarquer
=> 2 premières épreuves faciles! Je goûte tout de même au paradoxe français : reprocher aux autres ce dont on souffre nous même. En l’occurence : la paresse.

Je rejoue la scène pour vous.
(Devant le tapis roulant après avoir passé le portique de sécurité, une jeune fille récupère ses affaires).
La douanière (pointant du doigt un panneau) – Mademoiselle! Vous devez ranger vos bacs.
La jeune fille (rangeant les bacs) – humhummmmmm
(la jeune fille s’éloigne)
Moi – Vous savez ce n’est pas dans tous les aéroports pareils, c’est pour ça.
La douanière – Non madame
(gloups… mais tais-toi Mél!).
La douanière – Vous savez, madame, les français sont un peuple de fainéants. C’est tout, c’est simple.
Moi (rangeant mes affaires) je souris discrètement. Elle ne sait évidemment pas que je suis française et la suite prouvera qu’elle n’est pas la seule à me croire québécoise. Je cache mon passeport et je pars en me disant que la plus grande paresseuse c’est quand même bien elle, car elle a que ça à faire de ranger les bacs!

Embarquer :  => Ah bah non, on appelle les sièges de 20 à 35 puis de 1 à 15… Je suis sur le  siège 17. J’ai donc le temps d’aller aux toilettes.  => Ah bah non, … 2 toilettes : une occupée, l’autre avec un verrou sorti qui ne permet pas de fermer la porte.

Je vous rejoue la scène (oui oui c’est important pour moi de ventiler tout ça!).
Une dame arrive alors que je fais la queue pour la toilette occupée. Je lui signale que le verrou ne fonctionne pas et que la porte ne se ferme pas. Évidemment, elle se dirige vers la porte et entre dans les toilettes faisant fi de mon avertissement… Elle essaye de trafiquer le verrou (ce que j’ai évidemment fait 2 minutes plus tôt). Elle ressort et me dit: “La porte est bloquée! ”
Et là, que fait Mélanie ?
Option 1 : elle lui dit : C’est exactement ce que je viens de vous dire vieille peau!”
Option 2 : elle sourit et continue d’attendre
Option 3 : elle lui propose de garder la porte pour elle …

……….

………

………….

Maintenant que vous commencez à me connaître, vous vous doutez que la cruche qui sommeille en moi choisit l’option 3 et garde la porte de cette vieille dame pour lui apprendre que les jeunes ont encore des valeurs d’entraide…. Pendant ce temps, les toilettes de gauche se libèrent, puis se remplissent, puis se libèrent…  et moi j’attends devant la porte des toilettes de droite que madame fasse ce qu’elle a à faire. Croyez moi ou pas… cela dure très très très longtemps…

Elle finit par sortir en me disant :
– Désolée j’ai été longue .
– C’est pas grave.
– Vous allez à Montréal ? (2e personne qui me prend pour une québécoise)
– Oui
– J’espère que vous allez pas rater l’avion, je vais leur dire de vous attendre.
– Ça devrait aller.

C’est sur le siège des toilettes, que je vais entendre pour la 3e fois de ma vie : “Les passagers Mélanie G et mnummnumnumn sont priés de se présenter à l’embarquement porte 10″… On se dépêche et hop on arrive à temps.

Monsieur passeport me dit : “Vous avez le look canadien!”
Moi je dis : “Si vous le dites”
Lui : Pas que le look! L’accent aussi! Vous êtes Franco-canadienne ?
Moi, qui veut juste rentrer dans l’avion : oui. (allez c’est presque vrai hein!)

15. Entrer dans l’avion
=> Ah bah non, la vieille dame est devant moi et s’arrête juste avant la porte comme pour admirer le paysage depuis la passerelle. Elle se retourne et me dit, visiblement soulagée : “Aaaaaaaah, je viens de faire, ce que je n’arrivais pas à faire dans les toilettes tantôt. C’est toujours mieux ici que dans l’avion”

Je me pince pour savoir si je rêve ou pas.. Est-ce que cette vieille dame à l’allure bourgeoise vient de me dire qu’elle a pêté avant de rentrer dans l’avion ?

16. Trouver ma place rapidement et dormir
=> Ah bah non, la vieille dame  est dans mon couloir avec sa valise et est déterminée à la faire rentrer dans un compartiment où il n’y a visiblement plus de place… C’est dommage car si elle écoutait la gentille dame qui lui parle, elle saurait qu’en se retournant, il y a un compartiment presque vide… et une jeune fille épuisée qui attend encore après elle!
Cette fois-ci, après avoir patienté 5 bonnes minutes, je choisis l’option 1 et je dis : “Est-ce vous pourriez vous tasser pour que je passe s’il vous plaît ? ”
Elle : Oh oui, pardon, c’est la deuxième fois que je vous fais attendre!

17. Admirer le paysage français au décollage
=> Ah bah non, je m’endors avant même que l’avion ne vole. Et je me réveille à peine lorsque les moteurs se mettent en marche…. Le comble! quand on sait que la place 17 est située sur l’aile!

Le reste du trajet est assez banal, un peu mouvementé, mais pas trop. Je verrai un film que j’ai déjà vu à l’aller (on a acheté un zoo), je mangerai des pates primavera comme à l’aller, je répondrai aux questions naïves de ma voisine (il faut demander pour manger?) comme à l’aller, j’ouvrirai la porte des toilettes et je découvrirai ma voisine assise sur le trône… sans avoir fermé la porte, je dormirai, me réveillerai, je sourirai en écoutant les applaudissements à l’atterrissage en me disant qu’il n’y a vraiment que des baby boomers français pour applaudir un gars qui fait juste sa job! Font-ils ça toutes les semaines quand le ramasseur de poubelle, vise le camion avec leurs déchets ?

Atterrissage à Montréal.
Bus pour Ottawa.
Orage sur la route.
Arrivée dans les bras de mon chum  à 18 h 05.

19 heures se sont écoulées depuis mon réveil.

Si cet article, vous a fait rire, j’ai atteint mon but.
Si à la fin de cet article, vous avez envie de le relire, faites-le!
Si vous ne me croyez pas, moi non plus! J’ai du mal à me dire que tout est arrivé le même jour!

Merci pour votre lecture qui me fait toujours chaud au coeur!

* Maman est une excellente conductrice! 

** Maman est une excellente conductrice, je viens de vous le dire! 

Posted in Non classé | 5 Comments

Boston et deux révélations plus tard…


Chers lecteurs,

Cela fait quelques temps que j’ai déserté ce blog (depuis hier en fait! lol) mais me revoici avec une belle et très drôle histoire. Alors si vous avez 5 minutes (ou 15 pour les plus lents), installez-vous confortablement avec un thé chaï (ou une bière pour les plus durs!), et bonne lecture!

Nous sommes partis mon amoureux et moi pour visiter Boston pendant la fin de semaine de Pâques. 4 jours pour faire 650 km aller et 650 km retour ainsi qu’une bonne centaine de km entre les deux.

Pourquoi tant de données chiffrées? Parce que c’est la clé de voûte, que dis-je, la pierre angulaire de cet article!

Je ne dévoile pas tout, tout de suite, laissez moi le temps de vous donner une seconde mise en contexte. Nous partons avec 3 cartes imprimées sur google map.
– L’une sur laquelle on voit les grande artères du quartier de notre B&B (qui est en banlieue de Boston).
– La seconde sur laquelle on voit les petites rues autour de notre B&B
– La troisième sur laquelle on voit quasiment juste le B&B

Évidemment nous avons aussi une carte des états-unis au grand complet… mais alors là on voit plus du tout le nom des rues ;0)
Note : on nous a amicalement prêté un GPS qui a marché jusqu’à Orléans (15 km de chez nous… et ensuite il a jamais retrouvé le signal GPS). Vous croyez que je vous vois pas sourire ?

Maintenant que nous avons cette double mise en contexte, je vous demande de bien vouloir CROISER les données :

grand nombre de kilomètres x pas de carte fiable 
=
UNE INFINITÉ DE POSSIBILITÉS DE SE TROMPER DE ROUTE 

Et là qui est en train de rire ?

J’avais bien eu quelques indices dans ma vie… mais je mettais ça sur le compte de la malchance ou des plans de ville jamais facile à comprendre. À La Rochelle, je m’amusais toujours à me poser la question “Et là Mel, tu crois qu’elle est où la mer?”… Euh… par là (indiquant un approximatif sud-ouest)… alors qu’elle était à l’opposé ou presque.

Bref, tout ça pour dire que ces 4 jours ont été une véritable vitrine de mon incompétence en matière de lecture de carte et de l’inexistence flagrante de mon instinct/sens de l’orientation.

Julien a inconsciemment pris le volant samedi matin pour nous emmener vers Harvard. Du même coup il m’a flanqué un bout de carte dans les mains en me demandant si naïvement, “alors on va où ? “

Ce à quoi j’ai répondu tout à fait certaine de moi-même : “À gauche!”…
et là, j’ai vu le visage de mon homme, se décomposer d’horreur, espérant que je fasse encore une vieille blague… Mais non pas de blague, je SAVAIS qu’Harvard était à gauche. J’en étais convaincue. Vous aurez deviné qu’effectivement je me trouvais en face du même problème qu’à La Rochelle : Harvard était tout sauf à gauche!
Là est tout le problème : je suis convaincue de mes directions. J’ai pris le temps d’y réfléchir, de tourner la carte 4 fois, de l’orienter comme une boussole. Et à un moment je me lance, je le sais, GO, c’est par ici…. et PLOUF!

Là vous pouvez prendre une pause et rire. Faites attention de ne pas renverser votre thé chaï ou votre bière.

C’est bon vous vous êtes bien moqués d’une pauvre fille sans instinct ? Je peux reprendre ?

Ce fut donc un samedi cauchemardesque car mon manque d’instinct a fait fureur à pied également… bref, une journée horrible pour nos nerfs à tous les deux. Mais au cours de laquelle j’ai retenu une chose : si je suis certaine que c’est vers la gauche qu’il faut aller, alors TOURNE À DROITE!

Pour finir sur 2 notes agréables : dimanche, nous avons trouvé la solution : j’ai conduit et Julien a fait co-pilote! Là on aurait pu faire des rallyes et les gagner! Quelle belle équipe! Tout est une question de complémentarité dans la vie!

Deuxième note agréable : quelques photos pour vous faire visiter Boston

State House - Maison d'État
En gros le palais du gouvernement du Massachussetts.
Les touristes le visitent, mais pas nous.... puisqu'on n'est pas des touristes! ;0)

Vieux cimetière en pleine ville.. qu'on visite... parce qu'on est des gens curieux... mais pas des touristes!

Retour en enfance pour Julien

Une ancienne banque transformée en café... Mel dans le coffre-fort.
À conseiller! Bock 11

Le coffre fort...

On tricote, on lit le journal...

Nous au musée de Harvard on s'amuse comme des fous!

Sur le campus de Harvard

Harvard

Le resto à ne pas manquer!
Excellent mexicain pour pas cher en plein Harvard!

 

Trajet de retour... on tricote!

Mais pourquoi fait-on la file ?
Pour une pizza! Pizza Regina renommée de Boston!

Après 40 minutes d'attente dehors, c'est le bonheur des papilles avec une pizza végétarienne!