250ème article…

Lorsque j’ai commencé à écrire ce blog en 2005, c’était la suite logique des 50 journaux intimes que j’ai écrit depuis que je suis en âge d’écrire. C’était également, parce que ma vie prenait un nouveau tournant : celui de l’indépendance.

En décidant de m’exiler au Canada (pour une année au départ), je me sortais de ma zone de confort entourée d’amis, d’une famille aimante, de diplômes et d’expériences reconnues. Je me jetais un peu dans la gueule du loup. J’avais besoin d’en parler, de l’écrire pour le sortir de moi.

Ma zone de confort n’a pas mis longtemps a revenir. Je me suis très vite sentie comme étant faite pour ce pays, pour ces deux provinces entre lesquelles je me partage depuis, pour ces gens que je côtoie.

Fabienne Thibaut disait ce soir à Tout le monde en parle “Je suis bien en France, car j’arrive à communiquer avec eux, et puis j’aime bien être la québécoise de la bande… ici y a bien trop de québécoises!”

Je dois dire que j’aime bien ce côté exotique-assimilée que l’on me trouve. En m’écoutant, on se doute que je viens d’ailleurs, mais on ne sait pas forcément d’où et cela flatte mon côté numéro 4 de l’Énnéagramme (ce sera pour un prochain post).

Et puis je dois dire que même si les canadiens ont leurs mauvais côtés, ils ont des côtés que je préfère à ma culture d’origine. Tout ne peut pas être rose partout, sauf dans ma tête! ;0)

Ce qui m’amène à la réflexion de ce soir: est-ce que les gens sont plus malheureux aujourd’hui qu’il y a 50 ans ?

C’était la question posée en tribune de tout le monde en parle sur la radio de Radio-Canada…

J’ai écouté le psychanalyste qui en parlait, j’ai écouté le sociologue aussi. J’ai écouté les auditeurs.

Mon avis au départ était de dire qu’il n’y avait peut-être pas plus de malheureux mais qu’on le voyait davantage qu’avant. En effet, les gens ont le besoin/la possibilité d’en parler. Avant, il me semble que la gestion du malheur tenait dans le mot RÉSIGNATION. Un peu comme le côté religieux du pêché. On doit porter le fardeau du monde sur nos épaules. Aujourd’hui, on revendique le droit d’être malheureux. Pourquoi pas…

Mais vient ensuite la question de la relativité. Quand j’entends des gens se plaindre de petits tracas de la vie quotidienne, ça me fait mal. Je me dis que ces gens (et certains très très proches, suivez mon regard!) n’arrivent pas à profiter de leur bonheur.

Je pense à mon ancêtre qui avait fait construire sa maison sur les fortifications de Carcassonne car il n’avait que 3 murs à construire (le 4ème étant les fortifications) je lui tire mon chapeau car il a su profiter d’une belle occasion pour trouver un bout de bonheur dans une vie certainement sombre.

Quand je vois aujourd’hui notre belle maison, je refuse de voir la douche qui a besoin d’être refaite, le parquet à poser dans les chambres et la cabane dans l’arbre que l’on veut faire comme des obstacles à mon bonheur. Au contraire, je veux les voir comme des beaux défis, au moins autant que de faire construire sa maison sur un mur de fortification.

Mon bonheur est là près de moi, personne ne pourra me l’enlever. Je ne me plains pas. J’ai tout ce qu’il faut pour être heureuse et même super-méga-giga-heureuse. Tout ce qui va arriver dans les prochains moments ne sera que des petits (ou très gros) + qui s’ajouteront à ma pyramide de bonheur.

Pour en revenir au malheur du monde, je veux parler de celui qui nous entoure, celui de notre pays, de ces gens qui se le créent. Vous connaissez mon point de vue sur la consommation et la sur-consommation. C’est de ce malheur  que je veux parler. Celui qui est réel mais surtout créé par l’homme pour lui-même. Créé son propre malheur n’est-ce pas fou dans un monde où la population meurt de faim à cause de dérèglements climatiques, …

Ne pas avoir le dernier iPad, ou plutôt se mettre une marge de crédit sur le dos pour l’obtenir… Aaaaaaaaaaahhhhhhhhhh, je ne peux pas entendre ça! Comment s’endetter avec de multiples cartes de crédit? Aaaaaahhhh je ne peux pas entendre ça!

Et puis en dernier lieu, il y a cette pression de la société qui nous demande tout à la fois d’être dans le moule (marié, 2 enfants, 1 chien et 1 maison) et qui nous encourage à nous démarquer. Y en a qui résistent pas à cette pression. Y en a qui dépressurisent, un peu, beaucoup, à la folie et souvent pour toujours. Ils avaient tout pour eux, dira-t-on après leur disparition… Oui mais non. Il leur manquait la conscience de leur bonheur.

Plusieurs messages se bousculent dans ma tête :

– Je pense à Mademoiselle M. qui n’aura plus jamais une seconde chance d’être heureuse
– Je pense à Monsieur R. et Madame K qui croquent la vie à pleines dents désireux d’ignorer l’épée de damoclès qui flotte au-dessus d’eux
– Je pense à Madame F. qui perd peu à peu toute les notions apprises dont celle du malheur et bonheur.
– Je pense à Monsieur P.  qui va devoir se battre toute sa vie pour son enfant.
– Je pense à Monsieur Ch. qui a été un modèle de sourire pendant toute sa vie.
– Je pense à sa femme qui lui survit et qui est un modèle de force et de courage sincère.

Ce n’est pas que je ne m’octroie pas le droit de crier mon malheur parfois, c’est simplement que je veux profiter de tous les bonheurs de la vie, aussi petits soient-ils car je sais que le vent peut tourner et vite.

J’irai en terminant avec une belle citation : La vie c’est comme une boîte de chocolats, tu sais jamais sur quoi tu vas tomber…..

Vivez et ayez conscience de vos bonheurs et joies quotidiennes.

mel, fière écrivaine du 250ème article de Ma vie au Canada!

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One Response to 250ème article…

  1. marielle says:

    Mel (oui oui je lis tous tes articles… j’ai pris du retard ces derniers temps) : comme toi, je me refuse de voir le négatif, et mets trjs en avant les petits + de la vie… et tu sais quoi : je m’estime très chanceuse et heureuse, mais estime aussi que je contribue largement à mon bonheur en sachant ne garder que le positif, en m’entourant des bonnes personnes, en faisant des choix importants dans ma vie)… On récolte aussi ce que l’on sème (voir ton article, sur les fleurs 🙂
    Becs, Marielle

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