Voyages, voyages,…

Je vous invite à lire aujourd’hui le blog d’une amie très chère qui écrit très bien. Ses écrits en direct de la plage de Cayo coco m’ont fait réfléchir et me donne envie de vous écrire.

http://vavoirlabasijisui.over-blog.com/

Pour ceux qui n’iraient pas lire le blog de Clémentine (et qui louperaient du même coup un bijou d’écriture), voici les grandes lignes :

– les touristes sont des touristes. Ils ont payé leur paix au soleil et veulent en profiter un max.
– que se cache-t-il derrière les grands hôtels luxueux? Où sont les gens qui vivent sur cette île?

Voici mon commentaire laissé sur son blog qui sera aussi mon introduction…

Toujours une aussi belle écriture ma belle Clémentine! Quelle expérience tu as vécu! Tes mots résonnent en moi, ils me ramènent 25 ans en arrière… Étais-tu née? Mes parents nous ont emmenés en Tunisie pour le nouvel an. De ce pays, je garde un souvenir qui me poursuivra toujours dans mes voyages. Je revois ces enfants qui ont mon âge (6 ans à l’époque) et qui nous court après pour nous demander des cadeaux. Je les trouve bien effrontés. C’est pas leur anniversaire, Noël est déjà passé!

Ma mère leur donne un stylo. Son stylo. Ce stylo rose qu’elle avait toujours avec elle. Ce stylo qui avait zéro valeur marchande mais une valeur sentimentale. Ils sont heureux et ils arrêtent de nous suivre. Incompréhension puis culpabilité font surface dans mon esprit.
Je suis coupable d’être “riche”. Je suis coupable d’avoir une trousse qui déborde de stylos pour aller à l’école.
Ces image me suivront 10 ans plus tard lorsque mes parents nous feront faire un merveilleux voyage au Mexique. Je ne veux pas y aller. Je ne peux pas y aller. Je suis incapable de voir dans les yeux des gens de ce pays ce que j’ai vu dans les yeux de ces gamins.
C’est décidé, inconsciemment, je ne voyagerai que dans des pays où l’on ne me renverra pas une image coupable, une image de touriste.
Je ne serai pas touriste, je serai pélerine.
Merci Clem pour avoir déclenché tout ça en moi. Et bravo pour cette belle expérience que tu as vécu. Je ne la vivrai probablement jamais.

Je ne la vivrai probablement jamais.

Rien ne prouve que je ne la vivrai jamais, car évidemment il ne faut jamais dire jamais. Cependant je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai une difficulté énorme à passer par-dessus ce sentiment de voyager dans un pays où l’on a déjà peine à vivre voir survivre.

Donnez-moi un billet d’avion pour l’europe, les états-unis, le japon et j’irai avec plaisir y faire des grandes marches, y faire des reportages.

En me proposant d’aller au Pérou, au Vietnam, au Mali, il faudra me proposer une mission humanitaire. Même le tourisme responsable ne me suffit pas. Je n’arriverai pas à profiter de ce que les autres n’ont pas. On aura beau me dire que ces gens vivent du tourisme, qu’ils ont besoin de notre argent, je ne pourrais pas me pointer là-bas et oser les regarder. Un seul regard suffira à me ramener dans le passé et à me forcer d’affronter toute la détresse du monde.

Comme je ne peux pas sauver le monde, (non non n’insistez pas, il paraît que je peux pas voler avec un gros S sur le torse) il faut trouver un moyen déguisé pour ne pas ressentir cette détresse, cette tristesse. J’ai trouvé la fuite, l’autruche. Je plante ma tête dans le sable et j’attends que ça passe. C’est peut-être plus lâche comme comportement selon certains d’entre vous. Pour moi c’est une astuce pour me préserver jusqu’à… jusqu’à quoi? Que je sois assez forte pour ouvrir les yeux, pour ne pas faire mienne la détresse des autres, pour ne pas croire que les autres sont forcément malheureux.

La vie réserve des surprises et peut-être celle-ci en sera une.

J’adorerai voyager car rencontrer des gens et discuter avec eux, est une véritable passion. Mais j’ai besoin d’un rapport pas trop difficile par rapport à ma situation de nord-américaine.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires car vos avis pourraient probablement éclairer ma lanterne.

Merci!

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2 Responses to Voyages, voyages,…

  1. elPadawan says:

    Un très beau texte en effet. Et ta plume (ou ton clavier?) n’a rien à y envier, d’ailleurs. Les “vacances dans le Sud” font partie de ces expériences typiquement Canadiennes que je n’ai pas eues. Pour ce qui est des voyages, si tu ne veux pas te sentir touriste, justement, expatries-toi. Installe-toi ici, là, ou deviens reporter sans frontière. Et reste assez longtemps sur place pour pouvoir rencontrer les gens “en vrai”, hors de cadres purement touristiques…

  2. Clémentine says:

    Merci pour la dédicace ma ptite mél et entre nous, tu n’écris pas mal non plus..:)

    Je comprends ton aversion face à ses voyages de riches vers les pauvres, je la ressens aussi comme je le dis sur mon blog mais je pense que tu manques quelquechose à t’empêcher d’y aller.
    Premièrement, parce que il n’y a peut être que dans ces pays où tu peux ressentir un vrai “choc culturel”. Tu vas en Amérique du nord, en Europe, au Japon, tu seras dépaysée mais surtout si tu ne vis pas dans le pays, tu retrouveras toujours le même mode de vie, à quelques différences près, tu verras que la mondialisation fait très bien son travail d’harmonisation des produits et donc des références culturels. Et ça perso, ça me déçoit à chaque fois, tout juste si on en vient pas à s’étonner que le symbole du Mcdonald ne soit pas de la même couleur…
    Deuxièmement, il ne faut pas prendre ces gens plus pauvres que nous pour de pauvres gens. Ils sont souvent très joyeux, et fiers, à Cuba, ils sont fiers, de leur culture, de leur histoire. Ils n’inspirent pas de la pitié.
    Troisièmement, toi t’es peut être plus riche qu’eux mais toi, tu travailles toute la semaine comme une malade dans des villes polluées, tu es loin de ta famille, tu as peur du chômage, tu ne parles pas à tous les gens que tu croises dans la rue…et si tu leur dis ça, ils font toi aussi te plaindre…(c’est un “tu” général”)
    Quatrièmement, c’est aussi dans ces situations que tu comprends comme les humains se ressemblent, où qu’ils vivent, et que même avec des vies si différentes, on peut beaucoup s’échanger, se donner l’un l’autre, très simplement, et justement, sans porter le poids de la misère du monde.
    Tu n’es pas simplement une riche nord américaine, tu es aussi mélanie, qui a beaucoup d’amour, et qui peut leur apporter autre chose que de l’argent, tu peux leur apprendre, et eux aussi le feront en retour.
    En tout, cas c’est comme ça que je vois les choses et que je voyage…et juste pour le symbole, quand j’ai voulu donner un pourboire, une des seule fois, à un taxi il m’a juste dit : non merci, ce moment avec toi m’a suffi.

    Enfin, je ne suis pas non plus une pro du pays pauvre lol, et je n’ai pas été dans les plus pauvres…mais je n’ai pas d’appréhension à y aller!

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