Service public…

Ne voulant pas trop en dévoiler sur ma vie privée, je me suis longuement interrogée sur ce que je pouvais dire sur ce blog concernant ma récente expérience du service public…

Ne m’en voulez donc pas trop si je reste évasive sur certains points. Je n’irai pas au point de modifier les prénoms! ;0)

Frustration 1
C’était mardi dernier. Montréal, 14 h. Un hôpital dans lequel j’ai rendez-vous.  J’ai fait 2 heures de route pour ce rendez-vous car le service n’est offert que dans 4 hôpitaux au Québec : 3 à Montréal et 1 à Québec. Le plus proche de chez nous est à Ottawa (12 minutes en voiture), mais il est en Ontario et n’est pas remboursé! ;0(

Frustration 2
Je n’ai aucune idée du genre d’examen que je vais passer. Je sais grosso modo pourquoi, mais pas QUOI exactement. Personne n’a su me le dire. Personne n’a PU me le dire. Personne n’a VOULU me le dire… Vous voyez ma  colère monter?

Frustration 3
Je dois faire deux examens dont une prise de sang en 1 h 30. Pour l’un j’ai rdv, pour l’autre, il faut prendre un numéro. J’ai le 70 et on appelle le 54… Ark… Vais-je avoir le temps?

Frustration 4
En attendant au comptoir du premier examen, le personnel ne me regarde pas un seul instant. 5 minutes d’invisibilité. Tout le monde en rêve, mais moi, ce jour-là, j’avais besoin qu’on me voit, qu’on m’écoute, qu’on réponde à la tonne de questions que j’avais et que j’ai encore.
Elles parlent entre elles d’un tableau excel qu’une fille est pas capable de faire. Je regarde Julien, il bout intérieurement. Finalement on me dit de prendre un numéro… ;0(

Frustration 5
On appelle mon numéro, je vais faire mon examen. On ne me dit pas ce que l’on me fait, ni ce que l’on recherche. On utilise mon corps comme un vulgaire cadavre laissé pour le bien de la médecine. On ne me regarde pas, on ne me demande pas si ça va. Je suis morte dans mon corps, mon esprit cherche juste à vivre ailleurs. Je ne veux pas vivre ça.

Frustration 6
Examen terminé, je dois me rendre à la prise de sang. Rappelez-vous que j’ai le numéro 70… Évidemment quel numéro est appelé en ce moment? le 71! Et oui!
Mes larmes auront raison de l’infirmière qui dirige les patients. Elle me place dans un petit coin à l’abri des regards et me fait passer en premier.

Un infirmier gentil, attentionné, sud-américain, va m’aider à oublier toutes ces frustrations de la journée. Il a manqué sa vocation, il aurait dû être psy! Il m’explique que depuis que l’hopital est devenu PUBLIC car remboursé par la province… tout le monde s’y présente. Avant, ils se devaient d’avoir un service à la clientèle irréprochable, mais maitenant, ils en ont rien à faire, car les gens viennent tout seuls! Donc service zéro!

Je comprends, mais aujourd’hui encore je me rappelle de cette journée et je veux juste l’oublier…

Servic public après service privé : on dirait que le changement est trop brutal pour les employés. Ils se permettent tout ou plutôt plus rien.

Dommage

 

mel

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6 Responses to Service public…

  1. A peine quelques heures de vie, et le tout petit bébé est ”étiqueté” par un bracelet … puis l’enfant grandit et est ”noté” dés la maternelle pour lui dire dans quelle catégorie il sera dans la vie : bon ou pas bon ! Puis vient l’adolescence … moment fort de la ”numérotation ” : carte vitale, permis de conduire, bulletin de notes, numéro de passage du Bac, code pin de la carte bancaire …pour les moins chanceux ” Num de casier judiciaire”, pour les plus chanceux ” vous avec tiré les bons numéros, vous gagner le million 🙂 … puis la vie continue ainsi jusqu’à ce que l’on vous ”étiquette” a nouveau … normalement celui la vous suivra pour un bon bout de temps … a la vie a la mort 🙂
    Bises Mel ! Ton mental est plus fort que ton physique anyway!

    • melgatt says:

      Merci pour cette sympathique quoique démoralisante réponse. ;0)

      Je ne sais pas si j’ai envie d’accepter d’être un numéro. On dirait que ma vie est entièrement dirigée vers le contraire… On verra la suite.

  2. elPadawan says:

    Je compatis. Et j’ai vécu des expériences plus ou moins similaires à Toronto, mais où plutôt que la différence “public/privé”, c’est la différence de traitements entre les “couverts par l’OHIP” et les “non-couverts par l’OHIP” qui apparaissait… Les regards de dédain du personnel quand tu n’as pas la petite carte magique, les “c’est payable d’avance, la caisse est au rez de chaussée, revenez prendre un numéro quand vous aurez payé”, les “vous êtes sûrs que vous voulez qu’on vous ausculte? (sous-entendu: vous avez les moyens?”, tout ça sans même un regard…
    Malgré tout, je continue de me dire qu’il y a des gens dans le système qui continue de faire ça pour aider les gens, et qui continuent de se décarcasser pour les patients…

    • melgatt says:

      L’épisode 2 s’en vient prochainement. Mais je suis totalement d’accord avec ta dernière remarque. Gardons en tête ceux qui sont dédiés aux patients!

  3. Dine says:

    Je vois tout à fait ce qu’à vécu “elPadawan” 🙂 pour mon début de grossesse sans carte soleil… Limite paria de la société…
    Marielle, je suis sure qu’on peut vivre autrement (Élisa n’a pas été étiquetée par un bracelet …) mais dans les chemins tracés, c’est vrai…
    Après on a le choix d’être ou non étiquetés, numérotés… pas pour tout, mais, pour ce qui compte vraiment ?
    Pour moi, le déclic c’est fait au Québec, après avoir vécu le même genre d’expérience désagréable voire traumatisante dans les hôpitaux français, pour d’autres raisons… je me suis laissée faire, être traitée comme du bétail… Pour te citer… “Je suis morte dans mon corps, mon esprit cherche juste à vivre ailleurs” tellement vrai… bien qu’à l’époque, je ne savais pas me déconnecter…
    Ma révélation c’était sortir des sentiers battus, aller vers ces chemins parallèles où finalement on rencontre des vrais gens, qui font les choses par amour, par envie, et pas juste pour le chèque…
    Malheureusement parfois, pour trouver ces chemins il faut passer par des sinueuses routes anonymes, alors il faut se blinder, se protéger, en n’oubliant pas que ce n’est qu’un passage… qu’heureusement vous êtes deux à faire, la carapace est plus facile à construire 🙂
    Bon je vais me coucher parce que je sens que je me noie dans les métaphores et autres ^^
    Bisous à tous les 2 et courage !

    • melgatt says:

      On espère pouvoir passer par des chemins parallèles prochainement… Pour l’instant on doit se contenter des chemins bureaucratiquement pénibles…

      Merci Dine de me conforter dans ma recherche d'”autre chose”.

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