Amies à la vie, à la mort

Ceux qui me connaissent ou qui me lisent depuis quelques temps sauront de quoi, de qui je parle. Ma meilleure amie nous a quitté il y a deux ans pour un autre monde qu’elle a choisi de visiter.

Touriste de l’au-delà, la voilà qui revoit d’autres personnes disparues et chères à son coeur. Bref elle vit sur une autre planète. Elle vit.

C’est ce que je retiens de ces 2 années passées sans elle, sans entendre sa voix au téléphone, sans recevoir un courriel de sa part. Elle est vivante. Elle est près de moi très souvent. Elle vient me voir en rêve, faire une apparition ou jouer un rôle principal. Toujours pour m’apporter une solution ou un réconfort.

À son décès, nous venions de passer un drôle de cap : 11 ans d’amitié et une marche initiatique pour nous deux sur les traces de Stevenson.

Initiatique car malgré autant d’années d’amitié nous ne nous connaissions pas dans ce contexte : une marche, une solitude, une découverte, des rencontres, des embûches,…  Cela nous a mené vers un chemin tortueux de la connaissance de l’autre. Pas facile de se découvrir si différentes finalement. Si opposées. Comment avait-on pu être aussi proches tout en étant aussi éloignées de caractère? C’est ce que l’on doit appeler l’amitié. Un lien, un fil, tissé entre deux personnes. Presque invisible mais pourtant tenace.

Le 8 octobre 2008 j’ai apporté une autre forme de tissage à notre amitié. J’ai fait le point par courriel comme je sais si bien le faire. (beaucoup d’ironie dans ce propos). Mais ce nouveau tissage n’a pas remporté un franc succès. Je suis restée sans réponse de ma compagne pendant de longs mois… en fait DEUX longs mois. Elle se suicidait le 15 décembre sans avoir repris contact avec moi.

Les personnes qui, autour de moi, connaissait notre histoire ont tout de suite réagi : “Tu ne dois pas te sentir coupable Mel. Ce n’est pas de ta faute.”

Comment expliquer alors que je ne me suis JAMAIS sentie coupable. Étais-je un monstre de cruauté et d’égoïsme de penser qu’elle avait choisi d’aller où elle était et qu’elle y était certainement bien. Devais-je me culpabiliser pour paraître dans la norme de ce que les gens voulaient me faire croire?

Rien n’a entamé mon sentiment initial : je plaidais non coupable à 100 %. Et c’est peu de temps après que je réalisais que les gens autour de moi plaidaient coupable. À travers  moi, ils plaidaient coupables. Coupables de ne pas avoir vu la détresse, de ne pas avoir entrevu le masque porté, de ne pas avoir compris la situation.

J’avais compris tout cela. C’est entre autre pour cela que j’avais écrit ce courriel franc et sincère. Je voulais l’aider dans sa quête de réponses, je lui en apportais. Je lui proposais des solutions. Elle a choisi (et je pèse mes mots sachant qu’ils déplairont à certains) de quitter cette terre et je respecte son choix.

Aujourd’hui je veux simplement témoigner des bonnes années passées ensemble à faire les 400 coups (et peut-être même plus!).

Je pense souvent à toi ma belle Maud et surtout continue à me rendre visite le soir…

Nos photos du Chemin de Stevenson sont ICI

 

mel

 

Advertisements
This entry was posted in Non classé. Bookmark the permalink.

One Response to Amies à la vie, à la mort

  1. Dine says:

    Ma belle Mélanie, ce message me touche, je me souviens, il y a deux ans, cette peine en apprenant le décès de ton amie.
    Se sentir coupable, pourquoi, puisqu’au moins tu as eu le temps de lui dire ce que tu avais à dire… Tu n’as pas de regrets…
    En tout cas, tous mes mots à moi seront maladroits, mais je voulais juste ne pas lire sans rien dire…
    Je t’embrasse ma belle
    xxx
    Dine

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s