Une sortie au théâtre qui vient me chercher…

C’est étrange comme parfois en voyant une situation on se reconnaît, on est touché par ce qui se passe, davantage que les autres.

Hier, je suis allée voir Écume, une production théâtrale du Théâtre du Trillium, une compagnie franco-ontarienne d’Ottawa. Pièce écrite et mise en scène par Anne-Marie White.

Je ne veux pas parler de la pièce en elle-même même si elle est exceptionnelle et vraiment à voir, je veux parler de ce que j’ai ressenti.

On y aborde en vrac les thèmes de la maternité, de la mort, du suicide, de l’amour, de la mer, du voyage… Beaucoup de thèmes que l’on retrouve dans notre quotidien.

La maternité : autour de nous les bébés poussent comme des champignons sauf chez nous… On a été oublié par les cigognes. Le froid arrivant, elles sont reparties vers des continents plus chauds, laissant les ptits canadiens que nous sommes en tête à tête. “Ça viendra” disent certains, “y a rien qui arrive pour rien” disent d’autres… Oui… mais en attendant ça vient pas et ça arrive pas! Pas facile de passer ce cap de la trentaine en voyant le temps défilé. On dirait qu’on est dans la file d’attente et qu’on ne peut pas en sortir. Alors on ne prévoit pas trop de voyages car on sait jamais… Un peu handicapant comme situation.

La mort / le suicide : on est tous à  un moment donné confronté à la mort d’un proche, d’un ami, d’une connaissance. Pour moi il y a eu deux périodes : 2000/2002 où j’ai perdu coup sur coup des personnes que je connaissais que trop peu et pourtant de ma famille (mon arrière-grand-mère et mon grand-oncle) et 2007/2008 où j’ai perdu mon grand-père et ma meilleure amie, deux personnes que je chérissais particulièrement. La mort du premier était programmée depuis quelques mois car le combat contre le cancer se terminait et la 2ème bataille ne serait pas gagnée cette fois-ci par mon héros aux cheveux gris. Maud a quant à elle programmé son départ. 31 ans et toute une vie devant elle et pourtant pas envie de la vivre… Un choix encore difficile à vivre pour tous ceux qui sont restés ici sans elle.

Hier on parlait suicide, on parlait communication avec les morts. Je les sens tous les deux à côté de moi très souvent, ils viennent même parfois dans mes rêves, m’apporter un peu de souvenirs et de joie. Difficile à exprimer, mais lorsque Maud est décédée, elle est restée avec moi pendant quelques jours. Elle était là à côté de moi. Comme un gentil fantôme venu me tenir compagnie avec ma peine. Croire ou ne pas croire? C’est la question que l’on posait hier dans la pièce. Je ne force personne à croire à mes gentils fantômes. Moi j’y crois, libre à vous de faire de même ou non.

La phobie de la mer a été abordée aussi. Phobie de l’eau. Depuis que le maître nageur m’a lancé dans le grand bassin sous le regard médusé de ma mère, j’ai comme un sorte d’angoisse dans l’eau. Comprenez bien, on ne parle pas de l’eau du bain ou de la douche, mais celle de la piscine, de la mer. Pas moyen d’y nager plus de 2 minutes et encore moins si je n’ai pas pied! Bref une belle peur! Des fois on y peut rien, on a peur.

Le voyage et l’impossibilité de le faire… Ça arrive. On veut voyager, on veut voir du pays, des pays et pourtant y a quelque chose qui nous retient. un je-ne-sais-quoi qui vous dit “oublie ce projet”. Sylvain, notre ami tour du mondiste n’a pas écouté sa petite voix, il est parti pendant un an avec son sac à dos ou comme aime à dire avec sa b…. et son couteau! De retour il a fait une escale à la maison pour nous faire un coucou! On ne l’avait pas vu depuis 3 ans. Il a pas grandi, il fait toujours 1m92, mais il a grandi intérieurement. Après avoir visité 10 pays, il a côtoyé différentes cultures, différentes personnes.  Et nous on l’a écouté nous raconter son histoire passionnante d’un an. On rêvait. Pas de partir un an à travers le monde, mais plutôt de partir pour un ou deux mois dans un nouveau pays pour en connaître ses réalités, ses habitants, sa culture. On remet ce rêve toujours à plus tard… On achète une maison… mais le rêve ne passe pas et au fond de nous on sait qu’on partira visiter les autres un jour ou l’autre.

Bon pis l’amour dans tout ça? Et ben il est partout! Il est dans notre quotidien, il est dans ceux qu’on a perdu, il est dans ce désir de maternité, il est dans ce désir de voyager en duo, il est là, simplement là. Merci d’être là! ;0)

Merci à Écume d’avoir remué tant de choses en moi hier soir! Ça m’a aidé à moins avoir froid pendant les 35 minutes d’attente pour l’Autobus sous les premiers flocons de l’hiver 2010!

mel

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